Ce thé pourrait augmenter votre risque de cancer
Une nouvelle étude américaine alerte sur un type de thé très courant, considéré comme une boisson saine. Selon cette recherche, cette infusion pourrait augmenter le niveau de polluants appelés PFAS dans le sang, substances déjà liées à un risque accru de cancers.
Une étude révélatrice sur la consommation de thé et la présence de PFAS
Réalisée par la Keck School of Medicine de l’Université de Californie du Sud, l’étude a suivi plus de 700 enfants et jeunes adultes. Les chercheurs ont analysé leur alimentation via des questionnaires et effectué des prises de sang. Ils ont constaté que la consommation régulière de produits emballés, de restauration rapide, de boissons sucrées, et notamment de thé, était associée à des niveaux plus élevés de PFAS dans le corps. Le thé arrive ainsi comme un facteur majeur dans cette contamination.
Les PFAS, des produits chimiques persistants dans l’environnement
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, regroupent plus de 4 000 composés utilisés depuis les années 1950 dans le textile, les cosmétiques, et surtout dans les emballages alimentaires. On les retrouve dans l’eau, l’air, les sols, et la nourriture. Ces substances, souvent qualifiées de « produits chimiques éternels », ont peu de capacité de dégradation. Elles s’accumulent dans l’environnement et dans le corps humain.
Les effets sur la santé sont préoccupants : augmentation du cholestérol, troubles de la fertilité, perturbation des hormones et du système immunitaire. Certaines études ont également lié une exposition prolongée à ces produits à un risque accru de cancers du rein, du testicule ou digestifs. L’étude rappelle que même des aliments considérés comme sains peuvent contenir des PFAS, réduisant ainsi leurs bénéfices.
Le thé en sachet, principal responsable
Publiée dans la revue Environmental International, cette étude démontre qu’une consommation quotidienne de thé en sachet est associée à une augmentation notable des PFAS dans le sang. Environ +24,8 % de PFHxS, un type de PFAS, a été observé chez les gros consommateurs. La présence de ces substances est également plus élevée chez ceux qui consomment beaucoup de produits emballés, soulignant le rôle des conditionnements.
Les chercheurs, dont Hailey Hampson et Jesse A. Goodrich, expliquent que les sachets de thé et leurs emballages peuvent être traités avec des PFAS pour résister à l’eau chaude. Des analyses ont révélé la présence d’acide trifluoroacétique, un PFAS, dans le thé à hauteur d’environ 2 µg/L, un niveau comparable à celui retrouvé dans certaines eaux contaminées en Europe.
Risque de cancer et conseils pour limiter l’exposition aux PFAS dans le thé
Les synthèses scientifiques établissent un lien entre une forte exposition aux PFAS et une augmentation du risque de cancers. Le PFOA, un type de PFAS, est classé comme cancérogène pour l’humain par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Selon la Keck School of Medicine, ces substances présentes dans l’eau potable pourraient expliquer près de 6 800 nouveaux cas de cancer chaque année aux États-Unis.
Le thé en sachet ne provoque pas directement un cancer, mais il constitue une source d’exposition évitable à ces produits chimiques. Afin de limiter leur absorption, il est conseillé de privilégier le thé en vrac, de réduire la consommation de boissons emballées, et de préparer davantage ses repas à la maison. En Europe, le règlement PPWR interdira l’utilisation de PFAS dans les emballages alimentaires, y compris les sachets de thé, à partir d’août 2026.
Laisser un commentaire