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Petit-déjeuner : le piège qui menace votre cerveau après 60 ans

Petit-déjeuner : le piège qui menace votre cerveau après 60 ans

Après 60 ans, beaucoup de personnes surveillent leur tension ou leur mémoire, mais prêtent moins attention à ce qu’elles consomment au petit-déjeuner. Dans l’imaginaire collectif, un repas matinal équilibré commence souvent par une boisson fruitée riche en vitamines. Cependant, ce geste, perçu comme rassurant, peut être néfaste pour un cerveau déjà fragilisé.

Les neurologues rappellent que le cerveau dépend d’une énergie fournie dès le matin. Entre le jeûne intermittent et la consommation d’aliments très sucrés, souvent présentés comme sains, le cerveau alterne entre manque de carburant et excès de glucose. Un aliment phare du petit-déjeuner est désormais au centre de leur attention.

Jus de fruits au petit-déjeuner : un faux ami pour le cerveau après 60 ans

Le jus de fruits, notamment le jus d’orange industriel bu à jeun, est considéré comme un faux ami. Un verre de 20 cl contient environ 20 g de sucre, soit l’équivalent de 5 morceaux, avec un indice glycémique souvent supérieur à 65, proche de celui d’un soda. L’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter la consommation de sucres libres à 25-50 g par jour.

Des études menées par la Fédération Française des Diabétiques et des méta-analyses publiées dans la revue Neurology montrent que ces excès de sucres sont liés à un déclin cognitif. Le cerveau consomme environ 20 % du glucose total de l’organisme. Des pics répétés de glucose peuvent désensibiliser ses récepteurs à l’insuline, ce qui nuit aux neurones, qui peuvent alors s’enflammer puis mourir. Depuis 2005, certains chercheurs évoquent même un « diabète de type 3 » pour qualifier cette situation.

Études sur le jeûne, le jus à jeun et la démence

Une étude a suivi 859 personnes âgées, dont certaines prenaient régulièrement un petit-déjeuner, d’autres le sautaient. Après trois ans, ceux qui jeûnaient affichait des scores plus faibles au test de mémoire, et une IRM montrait une atrophie cérébrale plus importante. Les chercheurs ont conclu que sauter le petit-déjeuner augmente le risque de déclin cognitif et de neurodégénérescence chez les seniors. Ce lien s’explique par une alimentation inadéquate qui prive le cerveau d’énergie nécessaire à sa restauration.

Une autre étude a relié la consommation de boissons sucrées, y compris les jus de fruits, à une augmentation de 47 % du risque de maladie d’Alzheimer. Elle montre aussi une réduction du volume cérébral et une atrophie de l’hippocampe, une région clé pour la mémoire. Chez de nombreux seniors, boire ce type de jus sucré à jeun, au réveil, est considéré comme une erreur fatale.

Conseils des neurologues pour un petit-déjeuner adapté après 60 ans

Selon la neurologue Dr Diviya Kaul, il est essentiel de comprendre l’impact de nos choix alimentaires sur notre bien-être mental. Elle insiste sur le fait qu’une alimentation pauvre en nutriments peut entraîner fatigue, difficultés de prise de décision et ralentissement des réflexes. Ces recommandations sont relayées par la revue Grazia.

Elle conseille notamment : « Consommer une quantité suffisante de protéines, surtout le matin, pour soutenir la fonction cérébrale tout au long de la journée. » La spécialiste souligne aussi qu’un petit-déjeuner riche en protéines, par rapport à un riche en glucides, permet d’améliorer la concentration et les performances cognitives.

Le Dr Julie Pilitsis, neurochirurgienne, partage cette vision : « Un petit-déjeuner avec plus de protéines qu’avec des glucides simples aide à mieux performer lors d’efforts mentaux. »

Pour un petit-déjeuner après 60 ans, il est conseillé de suivre trois règles simples :

  • Remplacer le jus par un fruit entier ;
  • Manger des protéines ou des graisses saines avant les glucides ;
  • Privilégier un pain complet ou au levain.

Sources

  • Grazia – « Les neurologues alertent : voici l’erreur du petit-déjeuner à bannir absolument pour la santé du cerveau »
  • Doctissimo – « Cette habitude matinale pourrait accélérer le déclin cognitif, selon une étude »

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