Manger aux bonnes heures réduit la Maladie de Crohn de 40 % Découvrez comment
Une étude révèle que manger à certaines heures pourrait réduire la maladie de Crohn de 40 %
Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), se caractérisent par une inflammation de la paroi du tube digestif. Cette inflammation résulte d’une mauvaise régulation du système immunitaire au niveau intestinal. Récemment, il a été montré que le régime alimentaire occidental, riche en aliments transformés, augmentait le risque de développer ces maladies.
Actuellement, la maladie de Crohn est principalement traitée par des médicaments anti-inflammatoires. Si ces traitements aident à atténuer les symptômes, seulement la moitié des patients atteints parviennent à une rémission complète.
Une nouvelle approche prometteuse : le jeûne intermittent
Une étude récente pourrait changer la donne. Elle montre qu’un schéma de jeûne intermittent peut améliorer les symptômes de la maladie de Crohn sans nécessiter de médicaments ou de régimes compliqués. Ces résultats ont été publiés le 9 février dans la revue Gastroenterology.
Menée à l’Université de Calgary, au Canada, cette étude a suivi 35 adultes en surpoids atteints de Crohn pendant 12 semaines. Les participants qui mangeaient dans une fenêtre de 8 heures ont vu l’activité de leur maladie diminuer de 40 %, et leurs douleurs abdominales ont été réduites de moitié.
Les détails du protocole et ses effets
Les participants consommaient leurs repas sur une période de 8 heures, par exemple entre midi et 20 heures, puis jeûnaient pendant 16 heures, six jours par semaine. Le groupe témoin mangeait selon ses habitudes, avec des horaires et des quantités libres.
Selon Maitreyi Raman, professeur à l’Université de Calgary, ce protocole va au-delà de la simple perte de poids. Elle explique que cette étude montre que limiter ses repas dans le temps peut apporter des bénéfices importants, notamment l’amélioration des symptômes, la réduction des douleurs, et des changements positifs dans le métabolisme et l’inflammation. Elle souligne aussi l’impact positif sur le microbiote intestinal.
Des résultats encourageants sur la santé globale
Les analyses sanguines ont révélé une diminution de la graisse viscérale et des marqueurs d’inflammation, parfois de moitié. Selon Andres Lorenzo Hurtado, de la Crohn’s and Colitis Foundation, cette méthode pourrait aider à gérer non seulement les symptômes, mais aussi la santé globale des patients.
Il indique que changer le moment où l’on mange, sans modifier ce que l’on consomme, pourrait améliorer le métabolisme, renforcer le système immunitaire et favoriser une rémission durable de la maladie de Crohn. Il insiste sur la nécessité de poursuivre la recherche pour confirmer ces premiers résultats.
Une piste à discuter avec son médecin
Les chercheurs insistent sur l’importance d’accompagner ces découvertes par des outils concrets pour les patients. Natasha Haskey, diététicienne à l’Université de la Colombie-Britannique, rappelle que les personnes atteintes de Crohn cherchent souvent des solutions pratiques en complément des médicaments.
Elle précise que l’alimentation limitée dans le temps pourrait être une option durable, basée sur la biologie, permettant aux patients de mieux gérer leur santé. Cependant, elle souligne que l’étude reste de petite taille et que ces résultats doivent être confirmés par d’autres recherches.
Des travaux complémentaires et encourageants
Ces résultats s’inscrivent dans la lignée d’études américaines publiées dans Nature Medicine. Ces recherches montrent qu’un régime hypocalorique sur une courte période pourrait aussi améliorer les symptômes chez les patients atteints de formes légères à modérées de Crohn.
Dans cette étude, les participants suivaient un régime végétal limité à 700-1 100 calories par jour, pendant cinq jours par mois, durant trois mois. Le reste du temps, ils mangeaient normalement. Près des deux tiers ont constaté une amélioration de leurs symptômes. Le Dr Sidhartha Sinha, principal auteur, exprimait sa surprise face à ces résultats positifs.
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