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Caféine : l’UE la classe comme nocive, ce que cela change pour vous

Caféine : l’UE la classe comme nocive, ce que cela change pour vous

La classification de la caféine par l’UE : une perception nuancée

La caféine est la substance psychoactive la plus consommée au monde. On la trouve principalement dans le café, le thé ou les boissons énergisantes. Si ses effets stimulants sont bien connus, ses impacts sur la santé font l’objet de débats depuis plusieurs années.

Récemment, l’Union européenne a décidé de classer la caféine comme « nocive pour la santé si ingérée », dans un cadre réglementaire précis. Cette décision a relancé les discussions et créé des incompréhensions. Elle résulte d’une décision de la Commission européenne en octobre 2024, suite à une demande de l’entreprise française Progarein. Celle-ci souhaitait utiliser la caféine comme ingrédient dans des pesticides, notamment pour protéger des cultures contre certains insectes et mollusques.

Pour prendre sa décision, la Commission a consulté l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Selon cette dernière, la caféine peut être nocive pour l’homme en cas de consommation à forte dose.

Ce que cela concerne : la caféine pure et concentrée

Il est important de préciser que cette classification ne concerne pas la consommation quotidienne de café ou de thé. Elle concerne uniquement l’usage de caféine sous forme pure, à haute dose, dans des produits phytosanitaires ou des compléments alimentaires très concentrés.

La Commission européenne a rappelé que, pour la santé humaine, la caféine peut avoir des effets négatifs. Elle peut affecter le système cardiovasculaire, l’hydratation, ou encore la température corporelle chez les adultes. Chez les adultes et les enfants, elle peut aussi perturber le système nerveux central, en provoquant des troubles du sommeil, de l’anxiété ou des changements de comportement. Chez les femmes enceintes, la caféine peut avoir un impact sur le poids à la naissance.

La décision de l’UE souligne également que, faute de données suffisantes, elle n’a pas pu évaluer précisément les risques pour les travailleurs ou ceux exposés indirectement aux pesticides contenant de la caféine.

Ce qu’il faut retenir : la sécurité de la consommation courante

Beaucoup ont cru que cette décision concernait la consommation régulière de café ou de thé. Ce n’est pas le cas. L’UE ne remet pas en question la sécurité de ces boissons dans des quantités normales. La réglementation vise uniquement l’utilisation de caféine pure, à doses très concentrées.

Selon Euro News, il serait « trompeur de dire que l’UE a qualifié le café de nocif pour l’homme ». La quantité de caféine dans une tasse de café ou de thé est bien inférieure à celles qui poseraient problème si elles étaient concentrées dans un pesticide ou un complément alimentaire.

Les effets en cas de consommation excessive

L’EFSA indique qu’une tasse de café filtre contient environ 90 mg de caféine, un expresso environ 80 mg, et un thé noir environ 50 mg. La consommation jusqu’à 400 mg par jour ne présente pas de danger pour un adulte en bonne santé. Des doses allant jusqu’à 200 mg en une seule fois sont également considérées comme sans risque majeur.

Cependant, des effets négatifs peuvent apparaître si l’on consomme trop de caféine ou si l’on est vulnérable. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle que la caféine peut provoquer des retards d’endormissement, une diminution de la qualité du sommeil, ou de l’anxiété. Ces effets varient selon l’âge, le sexe, l’état de santé ou la génétique. Certaines pathologies, comme des maladies du foie ou du cœur, peuvent également ralentir le métabolisme de la caféine et augmenter ses effets indésirables.

Recommandations : privilégier les sources naturelles

L’Anses conseille de faire attention aux mélanges à risque, notamment avec l’alcool ou lors d’efforts physiques intenses. Elle recommande de modérer la consommation de boissons caféinées, en privilégiant les sources naturelles comme le café ou le thé. Il est aussi conseillé d’être vigilant chez les femmes enceintes, les enfants et les personnes souffrant de certaines maladies.

En résumé, cette classification européenne vise avant tout à encadrer l’utilisation de la caféine dans des produits concentrés ou dans l’environnement, et non à remettre en cause la consommation quotidienne de café ou de thé.

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