Additifs alimentaires : un danger caché pour votre santé
Des études françaises alertent sur certains additifs alimentaires
Deux études françaises récentes mettent en lumière les risques liés à la consommation de certains conservateurs présents dans les aliments transformés. Publiées cette semaine dans le British Medical Journal et dans Nature Communications, ces recherches montrent que ces additifs pourraient augmenter le risque de développer deux maladies graves : le diabète de type 2 et certains cancers.
Une recherche menée sur plus de 100 000 personnes
Les études ont été réalisées par l’Inserm, l’INRAE et plusieurs universités. Elles ont porté sur plus de 100 000 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé. Entre 2009 et 2023, ces volontaires ont indiqué leurs habitudes alimentaires, leurs données de santé, en précisant notamment les marques des produits consommés. Cela a permis aux chercheurs d’identifier 58 conservateurs, parmi lesquels 17 sont fréquemment consommés.
Les conservateurs, un risque pour le cancer et le diabète
Concernant le cancer, l’étude a recensé 4 226 diagnostics, dont 1 208 cancers du sein et 508 de la prostate. Les résultats montrent qu’une consommation accrue de deux conservateurs est associée à un risque plus élevé. Le sorbate de potassium (E202) est lié à une augmentation de 14 % du risque global, et de 26 % pour le cancer du sein. Le nitrite de sodium (E250) augmente quant à lui de 32 % le risque de cancer de la prostate.
Pour le diabète de type 2, 1 131 cas ont été recensés. Les personnes ayant une consommation élevée de conservateurs présentent un risque accru de 47 % par rapport à celles en consomment peu. Ce risque concerne notamment 12 conservateurs sur les 17 étudiés. Parmi eux : le sorbate de potassium (E202), le nitrite de sodium (E250), l’acide acétique (E260), ou encore l’ascorbate de sodium (E301).
Des recommandations pour limiter la consommation de ces additifs
Selon les chercheurs, il s’agit des premières études mondiales à établir un lien entre certains conservateurs et l’incidence du cancer ou du diabète de type 2. Bien que ces résultats doivent encore être confirmés, ils s’accordent avec d’autres données expérimentales suggérant la nocivité de ces substances.
Les experts appellent à une réévaluation des réglementations encadrant l’usage des additifs. Ils soulignent également l’importance de privilégier une alimentation fraîche et peu transformée, en limitant la consommation d’aliments contenant des additifs superflus.
Mathilde Touvier, responsable de ces travaux, insiste sur le fait que ces études renforcent la nécessité de suivre les recommandations du Programme national Nutrition santé, visant à consommer davantage d’aliments naturels et à réduire la consommation d’additifs.
Sources : Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort, The British Medical Journal, janvier 2026 ; Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort, Nature Communications, janvier 2026.
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