Une plante de cuisine pourrait révolutionner la lutte contre Alzheimer
Une plante courante en cuisine pourrait aider à lutter contre Alzheimer
En France, entre 1 et 1,2 million de personnes vivent actuellement avec la maladie d’Alzheimer. Chaque année, environ 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués, selon l’Inserm. Cette maladie neurodégénérative se caractérise par une lente destruction des neurones. Elle débute généralement dans l’hippocampe, une région clé pour la mémoire, avant de toucher d’autres parties du cerveau.
Les symptômes évoluent progressivement, entraînant une perte d’autonomie. Bien qu’il existe des traitements pour ralentir la progression, aucune cure n’a encore été trouvée. Cela explique l’intérêt croissant pour la prévention, notamment sur le plan alimentaire.
Le romarin, une plante aux vertus prometteuses
Des chercheurs japonais ont étudié le romarin, une plante méditerranéenne couramment utilisée en cuisine. Connue depuis des siècles pour ses propriétés antioxydantes, cette plante pourrait jouer un rôle dans la prévention d’Alzheimer. Leur étude, publiée en 2019 dans la revue Nature, indique qu’un de ses composants pourrait limiter la formation de protéines toxiques dans le cerveau, qui forment les plaques caractéristiques de la maladie.
Un mécanisme indirect par la dopamine
Pour tester cette hypothèse, les scientifiques ont travaillé sur des souris génétiquement modifiées pour développer des symptômes d’Alzheimer. Ces animaux ont été divisés en plusieurs groupes. Certains ont reçu une alimentation classique, d’autres une alimentation enrichie en poudre de romarin ou en acide rosmarinique, le principal polyphénol de la plante.
Or, l’acide rosmarinique a du mal à traverser la barrière hémato-encéphalique, cette protection naturelle du cerveau. Les résultats suggèrent donc un mécanisme indirect. L’acide agirait comme un messager, envoyant un signal au cerveau pour réduire l’activité d’enzymes qui dégradent la dopamine. Cela entraîne une augmentation des niveaux de certaines molécules chimiques, dont la dopamine, essentielle pour la communication entre neurones.
Une augmentation de la dopamine pourrait limiter l’accumulation de la protéine amyloïde β, responsable de la formation des plaques dans Alzheimer. Sur ces modèles animaux, cette accumulation a été significativement réduite. D’autres études ont aussi montré que l’acide rosmarinique diminue l’inflammation dans l’hippocampe, réduit certains marqueurs liés à la protéine tau, et améliore les performances cognitives des souris.
Une voie à explorer mais encore incertaine
Les chercheurs restent prudents, car ces résultats sont précliniques. Ils ont été obtenus sur des animaux et ne prouvent pas encore d’effet direct chez l’humain. La compréhension précise du mécanisme reste à approfondir, et des essais cliniques seront nécessaires pour confirmer l’intérêt du romarin dans la prévention d’Alzheimer.
En attendant, le romarin peut continuer à être un ingrédient bénéfique dans l’alimentation quotidienne. Cependant, il ne doit pas remplacer un suivi médical ni les mesures de prévention efficaces, telles que l’activité physique régulière, un sommeil réparateur, la stimulation cognitive ou la gestion des facteurs de risque comme l’hypertension ou le diabète. En cas de grossesse, d’allaitement, d’épilepsie, de calculs biliaires ou de traitement chronique, il est conseillé de consulter un professionnel de santé avant d’utiliser des huiles essentielles ou des compléments à base de romarin.
Laisser un commentaire