Boissons aux prébiotiques : le nouveau secret pour un ventre heureux ou un mythe ?
Les boissons aux prébiotiques, qui combinent bulles et fibres pour le ventre, sont de plus en plus présentes dans les rayons des supermarchés. Elles surfent sur la tendance des produits fonctionnels et du « microbiote heureux ». Toutefois, leur réelle efficacité et leur innocuité restent sujettes à débat.
Ce que promettent ces nouvelles boissons
Contrairement aux boissons probiotiques comme le kéfir ou le kombucha, ces sodas ne contiennent pas de bactéries vivantes. Ils sont principalement composés de fibres fermentescibles, telles que l’inuline de chicorée ou des fibres de maïs. Ces fibres, que notre corps ne digère pas, servent de nourriture aux bactéries de notre microbiote intestinal, dans le but de stimuler les « bonnes » bactéries et d’améliorer le transit.
Plusieurs marques françaises, comme JOA Microbiome ou Yass, proposent ces boissons. Par exemple, Yass, appartenant au groupe Solinest, indique contenir 6,6 g d’inuline de chicorée pour une canette de 33 cl, tandis que Rise Drinks affiche 7,6 g de fibres prébiotiques. Chicorévi propose aussi une boisson chaude avec 6 g d’inuline par tasse. Ces boissons se distinguent également par leur faible teneur en sucre : environ 3,3 g pour 100 ml, contre 10,6 g pour un Coca-Cola classique.
Les risques liés à une consommation excessive
Selon Joël Doré, directeur de recherche à l’Inrae spécialisé en microbiologie alimentaire, l’inuline peut effectivement favoriser la croissance des bactéries bifidus, ce qui est bénéfique. En théorie, ces sodas peuvent donc aider à compenser un déficit en fibres, fréquent en France.
Mais cette même inuline peut aussi poser problème. Lorsqu’elle est consommée en grande quantité, elle peut provoquer des effets indésirables liés à une fermentation rapide dans l’intestin. Au-delà de 5 à 7 g par jour, des ballonnements ou des douleurs abdominales peuvent apparaître. Par exemple, une canette de Yass ou une boisson comme Simply Pop, contenant environ 6 g de fibres solubles, approchent ce seuil. Une étude française de 2018 a également évoqué un risque accru de cancer du foie si l’on consomme plus de 7 g d’inuline par jour.
Ces boissons restent des produits ultra-transformés
Malgré leurs prétendus bienfaits, ces boissons aux prébiotiques demeurent des produits très transformés, riches en sucres et aromatisés. Leur consommation régulière n’est pas recommandée. Une seule canette peut approcher ou dépasser le seuil de 7 g d’inuline, et deux ou trois dans la journée peuvent augmenter considérablement ce risque. De plus, il est important de noter que des aliments courants comme l’ail, les oignons, les poireaux, les asperges ou les lentilles apportent naturellement des prébiotiques, sans nécessiter de produits ultra-transformés.
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