Après le Dry January, évitez cette erreur qui pourrait tout faire tomber
Vous avez tenu le Dry January ? Maintenant, appliquez cette règle avant de trinquer
Après avoir passé tout le mois de janvier sans consommer d’alcool, beaucoup ressentent le désir de célébrer la fin du défi en prenant un premier verre. En 2024, près de 5 millions de Français ont relevé ce challenge, qui leur a permis de retrouver un sentiment de contrôle sur leur consommation.
Attention cependant : il ne faut pas croire qu’il suffit de revenir à ses habitudes d’avant décembre. Après un mois d’abstinence, le corps, le cerveau et les habitudes sociales ne réagissent plus tout à fait de la même façon. Le premier verre de février n’est pas comme les autres…
Lorsque l’on buvait au moins un à deux verres par jour avant la pause, le cerveau s’était adapté. En arrêtant brutalement, cette tolérance a diminué. Selon Henry Kranzler, directeur du Center for Studies of Addiction à l’université de Pennsylvanie, ces modifications neurochimiques commencent à s’inverser. Résultat : le même nombre de verres qu’avant peut entraîner une ivresse plus rapide, avec un risque accru d’accidents.
La pensée « tout ou rien »
Les chercheurs évoquent l’ »alcohol deprivation effect » : chez l’animal, après une période sans alcool, la consommation dépasse souvent le niveau d’avant. Chez l’humain, cela se traduit par une tendance à surcompenser, semblable à ce que l’on observe lors de régimes restrictifs. Sarah Wakeman, de l’hôpital Massachusetts General, explique que si l’on se sent privé, il est naturel de vouloir se rattraper ou de célébrer ce que l’on a accompli.
Ce phénomène conduit à une pensée dichotomique : si vous n’êtes plus « sobre », vous pouvez avoir envie de tout lâcher. Pour éviter cela, il est conseillé de réintroduire l’alcool progressivement. Par exemple, limiter la consommation à un ou deux verres lors des premières occasions. En France, les recommandations officielles fixent la limite à 10 verres standard par semaine, avec pas plus de 2 verres par jour et pas tous les jours. Dépasser ces limites peut rapidement faire disparaître les bénéfices du Dry January.
Comment reprendre l’alcool sans tout gâcher après Dry January ?
Pour une reprise maîtrisée, il est utile de prévoir des soirées sans alcool, au moins deux ou trois par semaine. Manger avant de boire, alterner chaque verre avec un grand verre d’eau, et fixer à l’avance une limite de consommation sont également des bonnes stratégies. Pour suivre votre consommation, une application comme Oz Ensemble ou un simple carnet peuvent vous aider à conserver l’esprit Dry toute l’année.
Le Dr Alasdair Scott, spécialiste du microbiote, recommande aussi la règle des 20 minutes : après avoir terminé un verre, faire une pause de 20 minutes avant d’en prendre un autre. Selon lui, cette pratique peut considérablement réduire la quantité d’alcool consommée.
Enfin, si vous avez rencontré des difficultés pour arrêter avant le Dry January, ou si vous avez souffert de tremblements, sueurs ou insomnies, il est important d’en parler à un professionnel. Un médecin, un centre de soins spécialisés ou le service Alcool Info Service (0 980 980 930, appel anonyme) peuvent vous accompagner. Les Alcooliques Anonymes rappellent que la rechute est fréquente et que l’abstinence reste souvent la solution la plus sûre.
Que se passe-t-il dans le corps pendant le Dry January ?
Après un mois sans alcool, beaucoup remarquent une amélioration du sommeil, une peau plus nette, une légère perte de poids et plus d’énergie. Une étude de l’université de Sussex a montré qu’après un mois sans alcool, la fréquence des jours de consommation passait de 4,3 à 3,3 par semaine. La quantité de verres bus par jour diminuait aussi, passant de 8,6 à 7,1. Enfin, le nombre d’ivresses mensuelles était réduit de 3,4 à 2,1. Alcohol Change UK indique que sept participants sur dix adoptent une consommation plus saine six mois après.
Il est important de rappeler que l’alcool a des effets dévastateurs à long terme, notamment un risque accru de cancers (côlon et sein), de maladies cardiovasculaires, de maladies du foie, ainsi que de troubles neurologiques comme l’épilepsie ou la démence. En 2019, la consommation d’alcool a causé environ 2,6 millions de décès dans le monde.
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