Le gouvernement prône la fin de la viande pour sauver la planète
Le gouvernement prône une réduction de la consommation de viande pour lutter contre le changement climatique
Le gouvernement français a publié mercredi soir une feuille de route visant à encourager une alimentation plus saine et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette stratégie, appelée Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), recommande notamment de limiter la consommation de viande et de charcuterie.
Selon cette démarche, il serait bénéfique de diminuer la quantité de viande dans l’assiette des Français. Certains citoyens ont déjà commencé à changer leurs habitudes : un client d’une boucherie parisienne confie avoir réduit sa consommation par deux ou trois par rapport à il y a dix ans. Une autre personne précise acheter désormais peu de viande, privilégiant les œufs, et croit que la majorité est prête à suivre cette voie.
Un enjeu environnemental majeur
Le rapport souligne que près d’un quart de l’empreinte carbone des Français provient de leur alimentation, dont 61 % sont liées aux produits d’origine animale. Pour atteindre ses objectifs d’ici 2030, le gouvernement souhaite encourager une évolution vers des régimes alimentaires conformes aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS). Cela implique une augmentation de la consommation de fruits, légumes, légumineuses, fruits à coque et céréales complètes, tout en limitant celle de poisson et de produits laitiers.
Concernant la viande importée, la priorité n’est plus seulement de limiter, mais aussi de réduire sa consommation, selon un document conjoint des ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé.
Les réactions du secteur et les critiques
Ce plan suscite des réactions mitigées dans certains secteurs. Alexandre Borges, propriétaire des boucheries Maison Le Bourdonnec, souligne que ses produits proviennent d’éleveurs locaux, et que leur qualité est essentielle. Il estime que le message gouvernemental peut brouiller la réalité de leur profession.
Le co-créateur du Nutri-Score, Serge Hercberg, a salué la publication de la Snanc, la qualifiant de constat lucide sur la situation nutritionnelle et environnementale. Cependant, il déplore un manque d’ambition dans la réglementation de la publicité, notamment pour protéger les enfants contre la promotion d’aliments peu sains.
Le texte prévoit également le déploiement volontaire d’un affichage environnemental pour les produits alimentaires, dans le but de lutter contre le greenwashing. Par ailleurs, le gouvernement souhaite réduire de 50 % le gaspillage alimentaire chez les ménages d’ici 2030, notamment par des campagnes d’information et une meilleure indication des dates de péremption.
Des critiques sur le manque de précisions
Pour l’association Réseau Action Climat, ces recommandations restent trop floues. Benoît Granier critique l’absence d’objectifs chiffrés précis pour suivre la progression des politiques mises en place. Il préconise notamment une réduction de 20 à 25 % de la consommation de viande d’ici 2030, en s’appuyant sur des recommandations d’organismes scientifiques.
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