Jeûner avec du jus : la vérité d’une nutritionniste à connaître
Peut-on jeûner tout en buvant du jus ? Ce que dit une nutritionniste
Après une semaine de travail intense ou face à une fatigue, certaines personnes pensent à des solutions rapides pour se remettre en forme. Parmi celles-ci, le jeûne au jus, souvent présenté comme une méthode détox sur les réseaux sociaux, fait de plus en plus d’adeptes. L’idée est de ne consommer que des jus de fruits ou de légumes, de l’eau et des tisanes, pendant plusieurs jours, sans manger d’aliments solides. Mais cette pratique est-elle réellement sans danger ?
Ce qu’une nutritionniste pense du jeûne au jus
Selon Frédérique Chataigner, psychothérapeute spécialisée en comportement alimentaire et nutritionniste, il faut faire attention aux limites. Elle explique qu’au-delà de 24 heures de jeûne, il est nécessaire d’être encadré médicalement. « Les jeûnes prolongés peuvent présenter des risques pour la santé. En dépassant une journée, on risque des carences en calories et en protéines. Si le corps n’a plus de graisse à puiser, il puisera dans les muscles, ce qui peut être dangereux », précise-t-elle.
Concernant la perte de poids, la professionnelle est claire : elle considère le jeûne au jus comme une fausse bonne idée. « J’ai reçu de nombreux patients qui ont tenté ce type de jeûne. À court terme, ils perdent du poids, mais en reprenant une alimentation normale, ils constatent souvent un effet yoyo. Le corps se défend en stockant davantage, ce qui rend la perte de poids plus difficile à long terme », ajoute-t-elle.
La qualité des jus : un point crucial
Lorsqu’on envisage de jeûner en buvant des jus, on pense généralement aux jus de fruits frais. La nutritionniste met en garde : « Un grand verre de jus de fruits contient déjà plus de 20g de sucre, ce qui dépasse la quantité recommandée par jour. Consommer plusieurs jus par jour peut donc endommager le foie, car c’est comme s’injecter du fructose pur. »
Les jus de légumes, quant à eux, sont moins riches en sucre, mais ils manquent de fibres et de protéines. Frédérique Chataigner estime que leur intérêt est limité : « Ils peuvent aider à éliminer rapidement certaines toxines en cas de maladie aiguë, comme une gastro-entérite ou avant une coloscopie. Mais ce n’est pas une méthode adaptée pour prendre soin de sa santé à long terme. »
Une alternative : le jeûne intermittent
Pour les adultes en bonne santé, la spécialiste recommande plutôt le jeûne intermittent, par exemple le régime 16/8, en intégrant occasionnellement une journée liquide. Elle suggère de privilégier des soupes ou des purées enrichies en protéines végétales plutôt que de consommer des jus très sucrés ou pauvres en nutriments.
Avant de commencer tout jeûne, même court, il est essentiel de faire un bilan biologique. « Il faut connaître son taux de CRP (une protéine inflammatoire), de vitamine D et B12, et vérifier qu’on n’est pas anémié. Connaître son état de santé permet de savoir si un jeûne peut être bénéfique ou non », insiste-t-elle.



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