Alcool et cancers du côlon : un lien alarmant révélé par une étude massive
Une étude sur 88 000 personnes met en évidence le lien entre consommation d’alcool et cancers colorectaux
Depuis plusieurs décennies, les chercheurs observent une augmentation préoccupante des cancers du côlon et du rectum chez les jeunes adultes. Depuis le milieu des années 1990, l’incidence du cancer du côlon chez les 20-30 ans augmente chaque année de 1 à 2 %, tandis que celle du cancer du rectum progresse de 3 % par an dans cette même tranche d’âge. Chez les 40-54 ans, l’augmentation est d’environ 2 % par an.
Selon l’American Cancer Society, aujourd’hui, 3 cancers du rectum sur 10 sont diagnostiqués chez des patients de moins de 55 ans. Par ailleurs, les personnes nées en 1990 ont deux fois plus de risques de développer un cancer du côlon et quatre fois plus de risques pour un cancer du rectum, comparé à celles nées dans les années 1950 à âge égal.
L’impact de l’alcool sur le risque de cancers colorectaux
Face à ces tendances, des chercheurs de l’Institut national du cancer aux États-Unis ont voulu identifier les principaux facteurs de risque. Leur étude, menée auprès de 88 000 adultes sur une vingtaine d’années, met en lumière le rôle néfaste de l’alcool sur le tube digestif. Selon leurs travaux, l’effet délétère de l’alcool s’accumule au fil des années.
Les résultats montrent que les personnes consommant en moyenne plus de 14 verres d’alcool par semaine, soit deux verres ou plus par jour, présentent un risque accru de développer un cancer colorectal. Plus précisément, elles ont 25 % de risques en plus de développer un cancer du côlon par rapport aux buveurs occasionnels (moins d’un verre par semaine). Mais surtout, elles ont 95 % de risques en plus de développer un cancer du rectum.
Les bénéfices d’arrêter de boire
Les chercheurs ont également constaté que le risque de cancer n’augmentait pas chez les personnes ayant arrêté de boire. Mieux encore, ces anciens buveurs présentaient un risque plus faible de développer des adénomes colorectaux, des tumeurs non cancéreuses pouvant évoluer en cancer, par rapport aux buveurs actuels légers. Cela suggère que cesser de consommer de l’alcool peut réduire significativement le risque, jusqu’à se rapprocher de celui des très faibles consommateurs.
Les mécanismes possibles derrière ce lien
Les mécanismes précis par lesquels l’alcool favorise le développement du cancer colorectal restent encore à élucider. L’Institut du cancer évoque plusieurs explications. Lors de sa métabolisation, l’alcool produit des substances cancérigènes, notamment l’acétaldéhyde, qui peuvent endommager l’ADN des cellules intestinales. De plus, l’alcool pourrait modifier la composition du microbiote intestinal, ce qui influe sur la santé des tissus du côlon.
Les chercheurs soulignent cependant que des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces hypothèses biologiques.
Source : Association of alcohol intake over the lifetime with colorectal adenoma and colorectal cancer risk in the Prostate, Lung, Colorectal, and Ovarian Cancer Screening Trial, Cancer, janvier 2026.
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