Le skyr séduit la France: plus de protéines, peu de gras
Le skyr, spécialité laitière islandaise, gagne en popularité en France. Avec environ 10 g de protéines pour 100 g et une faible teneur en matières grasses, il attire aussi bien les sportifs que d’autres consommateurs.
Fournisseur de protéines
Le skyr est peu gras car il est écrémé et il apporte une dizaine de grammes de protéines pour 100 g. À titre de comparaison, un yaourt contient autour de 3 à 5 g de protéines pour 100 g. Cette richesse en protéines est l’un des principaux arguments des marques qui le commercialisent.
«Cette richesse le rend intéressant pour certaines parties de la population, commente Stéphane Walrand, professeur à l’Université Clermont Auvergne et chercheur en nutrition humaine à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Il l’est pour les sportifs, par exemple, mais aussi pour les personnes âgées. 30 à 40% d’entre elles ne consomment pas assez de protéines, or, une consommation insuffisante accélère la fonte musculaire et expose aux problèmes de cognition.»
Selon Stéphane Walrand, «On devrait en manger 0,8 gramme par kilo de poids et nous sommes actuellement plutôt autour de 1,2/ 1,4 gramme. Plus précisément, une personne de 70 kilos doit consommer 56 grammes de protéines par jour ; or, elle en consomme aujourd’hui déjà 80/ 90 grammes».
«Le skyr est intéressant pour certaines parties de la population, les sportifs ou les personnes âgées, par exemple»
Stéphane Walrand, professeur à l’Université Clermont Auvergne
Pour le reste de la population, l’objectif n’est pas d’augmenter fortement sa consommation de protéines. Il faut plutôt veiller à un apport adapté et varié.
Un produit fermenté
Pour la population générale, l’atout du skyr réside surtout dans ses ferments. Selon Stéphane Walrand, «En France, nous n’en consommons pas assez; ils sont pourtant essentiels pour la santé intestinale, la lutte contre l’inflammation et contre certaines anomalies métaboliques qui peuvent entraîner des maladies comme le diabète de type 2.»
«En France, on ne consomme pas assez d’aliments fermentés»
Stéphane Walrand
Et dans le quotidien, pour le microbiote, il est utile de consommer des aliments fermentés tous les jours. Outre les produits laitiers, on peut penser au kéfir, aux cornichons, au kombucha, à la choucroute ou à la soupe miso. À noter: le yaourt apporte les mêmes ferments que le skyr mais coûte beaucoup moins cher. Le prix du skyr vient en partie de son processus de fabrication, qui est un peu plus complexe que celui du fromage blanc. Ainsi, parmi les produits laitiers, il n’est pas nécessaire de bannir les autres : la variété reste une règle en nutrition.



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