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Salades toxiques : des pesticides interdits dans vos produits de grande consommation

Salades toxiques : des pesticides interdits dans vos produits de grande consommation

Scandale des salades : des pesticides interdits dans vos produits

Un maraîcher des Bouches-du-Rhône, fournisseur de salades pour des marques comme Bonduelle, Florette, ainsi que pour plusieurs enseignes de grande distribution telles que Lidl, Leclerc, Intermarché et Super U, est poursuivi en justice. Il est accusé d’avoir participé à un trafic de pesticides interdits en France.

Depuis 2018, sept personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel. Elles sont soupçonnées d’avoir acheté et utilisé des produits phytosanitaires en provenance d’Espagne, qui ne disposent pas d’autorisation de mise sur le marché en France. Ces pesticides ont été appliqués sur des cultures de salades et de fruits, puis vendus sous différentes marques dans des supermarchés. Ce dossier suscite des inquiétudes chez les consommateurs, qui se demandent ce qui pourrait bien se retrouver dans leur assiette.

Un trafic de pesticides interdits jugé à Marseille

Selon le procureur Michel Sastre, la gravité des faits est indiscutable. Il a rappelé que mépriser les autorisations de mise sur le marché, c’est également mépriser le consommateur. Les substances en cause sont considérées comme dangereuses pour la santé humaine et pour l’environnement. Même si ces produits sont disponibles dans d’autres pays européens, leur utilisation en France est strictement interdite.

L’accusation cible principalement Alain H., 78 ans, décrit comme un « apporteur d’affaires » essentiel au réseau. Il fournissait ces pesticides à des agriculteurs dans les Bouches-du-Rhône et la Drôme. Le parquet a demandé une peine de 10 mois de prison ferme, une amende de 65 000 euros, ainsi qu’une interdiction d’exercer tout métier en lien avec l’agriculture. Pour les autres exploitants impliqués, les peines varient entre 4 et 8 mois de prison avec sursis, et des amendes allant de 15 000 à 40 000 euros. La gravité de chaque peine sera adaptée à la taille des exploitations, au casier judiciaire et à l’âge des prévenus.

Le rôle du maraîcher fournisseur de salades

Parmi les principaux acteurs, Didier C., 58 ans, exploite environ 2 000 hectares dans la région. Sa société fournit des salades à des conditionneurs qui livrent ensuite des marques telles que Bonduelle et Florette, mais aussi des grandes enseignes comme Lidl, Leclerc, Intermarché ou Super U. La justice a requis pour lui une peine de 6 mois de prison ferme, 40 000 euros d’amende, ainsi que 80 000 euros pour sa société, la SCEA Reveny.

Concrètement, les salades récoltées sont lavées, mélangées et conditionnées dans des usines, avant d’être distribuées en supermarché. À ce stade, aucune alerte officielle n’a été lancée concernant un rappel de produits liés à cette enquête. Il est également impossible de déterminer quels lots précis proviennent des parcelles incriminées. Pourtant, des études récentes ont montré que la majorité des salades en sachet contiennent plusieurs résidus de pesticides, parfois interdits.

Quels risques pour les consommateurs et la filière ?

Le cœur du dossier repose sur l’autorisation de mise sur le marché (AMM), délivrée en France après une évaluation des risques pour la santé et l’environnement. Utiliser des pesticides sans cette autorisation revient à contourner ce processus. Certains de ces produits restent autorisés dans d’autres pays européens, ce qui relance le débat sur un possible « double standard » concernant la sécurité des produits importés. La France affirme vouloir limiter l’utilisation de résidus de molécules interdites sur son territoire.

Pour les consommateurs, il est conseillé de rincer soigneusement les salades, de varier les marques et de consulter les avis de rappel. La décision judiciaire dans cette affaire sera encore délibérée.

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