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Thon en boîte : attention à l’excès de mercure, modérez votre consommation

Thon en boîte : attention à l’excès de mercure, modérez votre consommation

Alerte de l’Anses : limiter la consommation de thon en boîte pour éviter un excès de mercure

Le thon en boîte, un aliment pratique et très répandu dans nos placards, est souvent utilisé pour préparer des salades, des sandwiches ou accompagner des pâtes. Cependant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) rappelle que ce produit doit être consommé avec modération. En effet, il fait partie des aliments à limiter pour réduire l’exposition au mercure.

Le problème principal réside dans le méthylmercure, une forme très toxique de mercure qui s’accumule dans la chair des poissons prédateurs. L’Anses ne recommande pas d’arrêter complètement de manger du thon, mais insiste sur la nécessité de limiter sa consommation, notamment chez les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants de moins de 3 ans. La question essentielle reste : à quelle fréquence peut-on consommer une boîte de thon sans dépasser les seuils de sécurité ?

Ce que dit l’Anses sur le thon en boîte et le méthylmercure

Selon l’Anses, qui s’appuie sur la dose hebdomadaire tolérable définie par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), une consommation régulière de poissons prédateurs sauvages peut faire dépasser ce seuil. Parmi ces poissons, on trouve le thon, l’espadon ou certains requins. Le risque est plus élevé chez les personnes qui consomment ces espèces plus d’une fois par semaine.

Le méthylmercure est une substance organique du mercure qui traverse facilement le placenta et la barrière hémato-encéphalique, ce qui peut affecter le développement neurologique. Une étude menée par Santé publique France, l’étude ESTEBAN, indique que l’exposition de la population française reste modérée dans l’ensemble. Toutefois, certains adultes et femmes en âge de procréer approchent ou dépassent la dose hebdomadaire recommandée. C’est pourquoi l’Anses a publié des repères depuis le 13 janvier 2020, en cohérence avec ceux du Programme national nutrition santé (PNNS).

Pourquoi le thon en boîte concentre-t-il plus de mercure ?

Dans la chaîne alimentaire marine, le mercure s’accumule à chaque étape. Les petits organismes contaminés sont mangés par des poissons plus gros, qui eux-mêmes deviennent la nourriture de prédateurs plus grands. À chaque étape, la concentration en méthylmercure augmente dans les tissus. Les poissons situés en haut de la chaîne alimentaire, comme le thon, l’espadon ou certains requins, présentent donc en moyenne des teneurs plus élevées que des espèces plus petites comme la sardine ou le maquereau.

Les thons en conserve proviennent souvent d’espèces de taille moyenne, qui sont néanmoins des prédateurs. La consommation régulière d’autres poissons de cette famille peut augmenter la dose de mercure ingérée. L’association UFC-Que Choisir rappelle que des limites réglementaires existent pour la quantité de mercure dans les produits de la mer. Cependant, ces seuils ne garantissent pas que la dose hebdomadaire recommandée ne soit pas dépassée si l’on consomme plusieurs fois du poisson prédateur au cours de la semaine.

Quel mode de consommation du thon en boîte est conseillé ?

Pour la population générale, l’Anses recommande de manger du poisson deux fois par semaine. Il est conseillé de choisir une alternance entre un poisson gras, riche en oméga 3 (comme la sardine, le maquereau ou le hareng), et une autre espèce différente. La diversification des provenances est également encouragée.

Une règle simple consiste à considérer le thon comme un poisson prédateur. Il est conseillé de limiter la consommation à une portion par semaine de cette catégorie, en complétant avec d’autres poissons moins concentrés en mercure.

Les recommandations sont plus strictes pour les groupes sensibles, notamment les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les jeunes enfants. Dans leur cas, il est important de limiter la consommation de poissons prédateurs, et d’éviter certains grands prédateurs comme les requins, espadons, marlins, sikis ou lamproies.

Public À limiter À éviter
Population générale Poissons prédateurs (dont le thon) sans dépasser une portion par semaine Pas d’interdiction, mais privilégier la diversité
Femmes enceintes ou allaitantes Thon et autres prédateurs sauvages, en espaçant leur consommation Grands prédateurs : requins, espadons, marlins, sikis, lamproies
Enfants de moins de 3 ans Exposition modérée aux poissons prédateurs, y compris le thon Même grands prédateurs que pour les femmes enceintes

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