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Ce que le nom « colin » cache vraiment derrière votre assiette

Ce que le nom « colin » cache vraiment derrière votre assiette

Au menu du soir, un filet de colin pour les enfants ! Ce poisson blanc est souvent choisi pour sa douceur, son absence d’arêtes et sa simplicité en cuisine. Cependant, une vidéo TikTok publiée par l’ONG Ethic Ocean rappelle que le « colin » n’est en réalité pas une espèce précise. Il s’agit plutôt d’un nom commercial regroupant plusieurs poissons différents. Voici les explications.

Plusieurs espèces derrière le nom « colin »

Lorsque l’on achète du saumon ou du maquereau, on sait précisément ce que l’on consomme. Avec le colin, c’est différent : plusieurs espèces peuvent être commercialisées sous ce nom. Parmi elles, on trouve le lieu jaune, le lieu noir, le colin d’Alaska, le merlu européen ou du Cap, ainsi que la légine pêchée dans les eaux antarctiques. Ces poissons ont en commun une chair blanche et un goût neutre. Pourtant, ils peuvent être très différents en termes d’origine et de pression sur les stocks de pêche, allant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de distance.

Pourquoi le « colin » n’est pas une espèce unique

En France, le terme colin est une appellation commerciale autorisée, mais il ne désigne pas une espèce précise. Selon un arrêté du 16 mars 1982, cette dénomination doit être complétée par un qualificatif selon l’origine : colin d’Alaska, colin antarctique, ou encore colin des Kerguelen. La réglementation européenne (règlement n° 1379/2013) impose aussi des règles pour informer le consommateur, mais le mot « colin » reste largement utilisé dans le commerce.

Une vidéo de l’ONG compare cette situation à la vente de viande sous l’appellation « mammifères » sans préciser l’espèce. La même confusion existe pour la « dorade », qui peut désigner une dizaine d’espèces différentes, pêchées aussi bien dans la Manche que dans l’océan Indien.

Les poissons réellement cachés derrière le « colin »

En achetant du colin, on peut en réalité consommer différentes espèces. Parmi elles, le lieu jaune ou le lieu noir, le merlu européen ou du Cap, mais aussi le colin d’Alaska, souvent utilisé pour les bâtonnets panés. Ce dernier correspond à une espèce appelée Theragra chalcogramma, aussi connue sous le nom de Gadus chalcogrammus, pêchée dans le Pacifique Nord.

On peut aussi trouver du merlu commun (Merluccius merluccius) ou de la légine, pêchée près de l’Antarctique ou autour des îles Kerguelen. Pour les produits surgelés, l’arrêté de 1982 autorise même la mention « colin (lieu) » lorsqu’il s’agit de filets de lieu noir (Pollachius virens).

Ce que la réglementation impose aux étiquettes

Selon la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), les produits de la mer non transformés doivent comporter plusieurs mentions obligatoires sur leur étiquette. Il faut indiquer la dénomination commerciale, le nom scientifique, la méthode de production (pêché ou élevé), la zone de capture selon la classification de la FAO, la catégorie d’engin de pêche, et si le produit est décongelé.

Concrètement, pour un emballage de colin, c’est cette information précise qui doit apparaître en petites lettres : le nom scientifique (comme Theragra chalcogramma ou Merluccius merluccius), la zone de pêche, et l’origine. Chez le poissonnier, ces détails sont essentiels pour savoir ce que l’on achète, plutôt que de se fier uniquement au mot « colin ».

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