Huile d’olive : un allié ou un risque pour le pancréas ?
Une étude de Yale sur le lien entre huile d’olive et cancer du pancréas
Il est courant d’ajouter de l’huile d’olive à ses salades pour ses bienfaits supposés pour le cœur. Pourtant, une nouvelle étude menée par la Yale School of Medicine, publiée le 29 avril 2026 dans la revue Cancer Discovery, suggère que des régimes très riches en acide oléique, principal composant de cette huile, pourraient accélérer le développement d’un cancer du pancréas chez la souris. Bien que ces résultats soient préliminaires et réalisés sur des modèles animaux, ils remettent en question certaines idées reçues.
Les résultats sur le cancer du pancréas chez la souris
Les chercheurs se sont concentrés sur une forme agressive de cancer du pancréas, le pancreatic ductal adenocarcinoma (PDAC). Ils ont nourri des souris génétiquement prédisposées avec 12 régimes riches en graisses, tous apportant le même nombre de calories mais avec des sources lipidiques différentes. Les souris consommant beaucoup d’acide oléique ont vu leurs tumeurs se développer plus rapidement que celles nourries avec d’autres types de graisses. Ces résultats sont préoccupants pour les personnes à haut risque de cancer du pancréas.
Les enjeux de l’étude
Cette étude, relayée par le magazine Paris Match, a été menée par Christian Felipe Ruiz, chercheur en chef à Yale. Selon lui, « c’est vraiment le type de graisse que vous consommez qui compte, pas seulement la quantité ». Il ajoute que « les effets des différentes graisses peuvent être radicalement opposés : certaines favorisent le cancer, d’autres le ralentissent ».
Les chercheurs ont également observé qu’un régime riche en huile de poisson, contenant des oméga 3, permettait de réduire de 50 % le développement de maladies, comparé à un régime standard riche en graisses.
Acide oléique, MUFA, et oméga 3 : ce que révèle l’expérimentation
L’étude ne se concentre pas sur une marque d’huile spécifique, mais sur l’acide oléique, un acide gras mono-insaturé (AGMI ou MUFA). On le retrouve dans certaines huiles de tournesol, dans l’arachide ou le saindoux. La controverse autour du lien entre huile d’olive, acide oléique et cancer du pancréas vient du fait que l’expérience a été menée avec des modèles extrêmes, très riches en ce composant précis.
Les graisses protectrices, quant à elles, étaient riches en acides gras polyinsaturés (AGPI ou PUFA), notamment les oméga 3 présents dans l’huile de poisson. Le rapport entre AGMI et AGPI semble jouer un rôle important dans l’évolution des tumeurs, plutôt que la quantité totale de lipides consommés.
Les mécanismes biologiques observés
Ce profil lipidique agit via un processus appelé ferroptose, une forme de mort cellulaire liée à l’oxydation des membranes lipidiques. Les oméga 3, en s’oxydant facilement, fragilisent les cellules cancéreuses, tandis que l’acide oléique, en étant plus résistant à l’oxydation, protège les membranes tumorales. La recherche indique également un effet plus marqué chez les mâles, avec une moindre influence chez les femelles.
Ce que l’étude ne permet pas de conclure
Les chercheurs rappellent que ces résultats restent limités aux modèles animaux. Il n’y a actuellement aucune preuve que l’huile d’olive provoque un cancer du pancréas chez l’humain. Les résultats pourraient toutefois être pertinents pour les personnes déjà à risque, chez qui le type de graisses consommées pourrait avoir une importance.
Pour le grand public, les spécialistes conseillent de varier ses sources de lipides et de ne pas confondre l’acidité indiquée sur l’étiquette avec la teneur en acide oléique, comme le rappelle l’organisation France Olive.



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