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Régime hyperprotéiné : attention aux risques cachés et au cancer potentiel

Régime hyperprotéiné : attention aux risques cachés et au cancer potentiel

Effets indésirables et risque accru de cancer liés au régime hyperprotéiné

De plus en plus de jeunes adultes et de personnes d’âge moyen adoptent des habitudes alimentaires centrées sur une consommation élevée de protéines. On retrouve souvent ces comportements dans la consommation de barres protéinées au bureau, de shakers après le sport ou encore dans des assiettes « sans féculents » garnies de viande ou d’œufs. Cependant, cette tendance, si elle peut sembler saine, comporte des risques pour la santé.

Ces régimes riches en protéines et faibles en glucides laissent peu de place aux fibres alimentaires, essentielles pour le bon fonctionnement de l’intestin. Plusieurs études scientifiques ont montré que ce déséquilibre peut causer des troubles digestifs, mais aussi augmenter le risque de développer certains cancers avant l’âge de 65 ans.

Impact sur le microbiote et risques pour la santé

Lorsque l’alimentation privilégie les protéines animales au détriment des céréales complètes, des légumineuses, des fruits et légumes, le microbiote intestinal se trouve perturbé. Cette situation favorise une inflammation chronique de fond, qui peut conduire à diverses maladies. Une étude de grande envergure a également révélé qu’une alimentation très riche en protéines chez les 50-65 ans peut augmenter la mortalité globale et celle liée au cancer. Ces résultats soulignent la nécessité de faire attention à ces nouveaux modes alimentaires, d’autant que la fréquence des cancers précoces est en forte augmentation.

Le régime hyperprotéiné : une alimentation pauvre en fibres

De nombreux régimes actuels prônent une consommation importante de protéines issues de viandes rouges, produits laitiers, œufs, poudres ou barres protéinées. Parallèlement, ils excluent souvent les féculents et le pain complet. Or, ces régimes limitent la nourriture principale des bactéries du microbiote, qui se nourrissent principalement de fibres alimentaires.

La fermentation de ces fibres par le microbiote produit des acides gras à chaîne courte, qui jouent un rôle clé dans la régulation du métabolisme et de l’immunité. En l’absence de fibres, le transit intestinal ralentit, provoquant constipation, ballonnements ou douleurs abdominales. Sur le long terme, cette situation peut favoriser le développement du diabète de type 2, de l’obésité, des maladies cardiovasculaires, voire certains cancers. La société allemande de nutrition recommande ainsi de consommer au moins 30 grammes de fibres par jour, ce qui est rarement le cas avec ces régimes hyperprotéinés.

Les liens entre régime hyperprotéiné et cancer selon l’étude Longo

Une étude menée par l’Université de Southern California a suivi 6 381 adultes âgés de 50 ans et plus sur une période de 18 ans. Publiée en 2014 dans la revue « Cell Metabolism », cette recherche a montré que chez les 50-65 ans, ceux dont l’apport en protéines représentait au moins 20 % de leur consommation calorique, principalement d’origine animale, avaient un risque de mortalité globalement plus élevé. Leur risque de décès par cancer était même quadruplé par rapport à ceux qui en consommaient moins de 10 %.

Chez les plus de 65 ans, la relation change : un apport protéique plus élevé semble plutôt bénéfique, notamment pour prévenir la dénutrition et la perte musculaire. Par ailleurs, ces effets néfastes n’ont pas été observés avec une consommation accrue de protéines végétales. Une autre étude publiée en 2023 dans le « BMJ Oncology » indique que le nombre de cancers diagnostiqués avant 50 ans a augmenté de près de 80 % dans le monde entre 1990 et 2019. La mortalité liée à ces cancers a également progressé, illustrant une tendance inquiétante.

Comment équilibrer son alimentation sans renoncer aux protéines

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), un adulte doit consommer environ 0,83 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel par jour pour couvrir ses besoins. La plupart des gens dépassent déjà ce seuil. Il ne s’agit donc pas de supprimer les protéines, mais d’éviter un régime « hyperprotéiné » qui privilégie la viande rouge et la charcuterie tout en manquant de fibres.

La société de nutrition allemande recommande de varier les sources de protéines, en privilégiant notamment les protéines végétales comme les lentilles, pois chiches, haricots, tofu ou noix. Limiter la consommation de viande rouge et de charcuterie contribue également à réduire le risque de cancer colorectal.

Pour faire le point sur ses habitudes alimentaires, il est utile de se poser quelques questions simples :

  • Consommez-vous de la viande rouge ou de la charcuterie plus de deux fois par semaine ?
  • Avez-vous souvent des repas sans féculents complets ni légumineuses, avec peu ou pas de légumes ?
  • Utilisez-vous régulièrement des poudres ou barres protéinées pour vos repas ?
  • Souffrez-vous fréquemment de constipation, ballonnements ou douleurs abdominales ?

En cas de réponses positives, un rééquilibrage progressif vers une alimentation riche en fibres, avec plus de fruits, légumes, céréales complètes et légumineuses, peut être conseillé avec l’aide d’un professionnel de santé. Cela permettrait de nourrir le microbiote, d’améliorer la satiété et, potentiellement, de réduire certains risques à long terme.

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