Produits Ultra-transformés : un danger pour votre santé révélée
Les aliments ultra-transformés, tels que les charcuteries, les sodas light ou encore les nouilles instantanées, occupent une place importante dans notre alimentation. Au Royaume-Uni et aux États-Unis, ils représentent déjà plus de la moitié de la consommation moyenne. Une étude publiée le 29 juillet 2025 dans la revue scientifique Thorax indique que la consommation élevée de ces produits pourrait augmenter le risque de cancer du poumon, ce qui soulève des questions sur nos habitudes alimentaires.
Les chercheurs ont observé que, dans la cohorte étudiée, les personnes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentent un risque de développer un cancer du poumon supérieur de 41 % par rapport à celles qui en consomment le moins. Ce lien concerne aussi bien les cancers bronchiques non à petites cellules (NSCLC) que ceux à petites cellules (SCLC). Bien que le tabac reste le principal facteur de risque, ces résultats incitent à s’interroger sur l’impact de ces produits sur la santé respiratoire.
Ce que révèle l’étude Thorax sur les aliments ultra-transformés et le cancer du poumon
Dans le cadre du PLCO Cancer Screening Trial, un vaste essai américain de dépistage, 101 732 adultes âgés de 55 à 74 ans ont renseigné leurs habitudes alimentaires. Leur suivi a duré en moyenne 12,2 ans. Au total, 1 706 cas de cancer du poumon ont été enregistrés, dont 1 473 de type NSCLC et 233 SCLC. Les participants ont été répartis en quatre groupes selon leur consommation d’aliments ultra-transformés : le groupe le moins consommateur mangeait moins d’une portion par jour, tandis que le plus consommateur en ingérait en moyenne 6, soit environ 3,7 portions par jour.
Par rapport au groupe ayant la consommation la plus faible, celui avec la consommation la plus élevée présente un risque relatif de 1,41 pour tout cancer du poumon, de 1,37 pour le NSCLC et de 1,44 pour le SCLC. En chiffres concrets, environ 331 personnes sur 25 433 dans le groupe faiblement consommateur ont développé un cancer, contre 495 sur 25 434 dans le groupe à forte consommation. Selon la classification NOVA, ces produits sont classés dans le groupe 4 : aliments industriels prêts à consommer, souvent riches en ingrédients et additifs.
Les aliments ultra-transformés les plus présents dans notre alimentation
Les chercheurs ont identifié quels produits contribuaient le plus à la consommation d’aliments ultra-transformés. Les viandes transformées, comme les charcuteries, représentent 11,1 % des portions, devançant les sodas « diet » ou caféinés (7,3 %) et les sodas décaféinés (6,6 %). On retrouve aussi une grande variété d’autres produits dans cette catégorie :
- charcuteries, viandes transformées, hamburgers, hot-dogs, pizzas de fast-food ou surgelées ;
- pains industriels, biscuits, gâteaux, viennoiseries, snacks salés ;
- Céréales du petit-déjeuner sucrées, nouilles instantanées, soupes et sauces prêtes à l’emploi ;
- Sour cream, cream cheese, margarines, glaces, confiseries et crèmes desserts ;
- Sodas, boissons aux fruits sucrées ou édulcorées.
Quels risques pour la santé et comment réduire sa consommation
Les analyses menées prennent en compte plusieurs facteurs comme le tabagisme, l’âge ou encore la pratique sportive. La qualité globale de l’alimentation a été évaluée à l’aide de l’indice HEI-2015. Des experts du Science Media Centre, organisme britannique de médiation scientifique, rappellent que cette étude est observationnelle. La précision sur l’intensité du tabagisme n’est pas toujours claire, ce qui peut compliquer l’interprétation des résultats. Par ailleurs, le World Cancer Research Fund estime qu’en 2020, le cancer du poumon a touché 2,2 millions de personnes dans le monde, causant 1,8 million de décès, le tabac restant le principal facteur de risque.
Les chercheurs évoquent aussi des pistes biologiques possibles, sans preuve définitive. Parmi elles : la faible valeur nutritionnelle, l’excès de sel, de sucre et de graisses, ainsi que la présence d’additifs comme le carraghénane. Certains contaminants, comme l’acroléine présente dans les saucisses grillées ou la fumée de cigarette, pourraient aussi jouer un rôle. D’autres facteurs comme les emballages ou des polluants tels que les PCB sont également suspects. Une étude publiée en 2024 dans The BMJ recense déjà 32 effets sanitaires négatifs liés à une forte consommation d’aliments ultra-transformés, ce qui invite à la prudence.
Pour réduire sa consommation d’aliments ultra-transformés liés au cancer du poumon, il est conseillé d’adopter de petits changements. Privilégier des ingrédients simples, cuisiner davantage, remplacer un plat préparé par des légumes surgelés nature ou des légumineuses. Limiter la consommation de charcuteries et de sodas, qu’ils soient sucrés ou light, est également recommandé. Selon Rob Hobson, nutritionniste, il ne s’agit pas d’être parfait, mais de trouver un équilibre en comprenant comment nos choix alimentaires peuvent influencer notre santé à long terme.



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