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Jus de fruits rouges : la clé secrète contre les infections urinaires résistantes

Jus de fruits rouges : la clé secrète contre les infections urinaires résistantes

Infections urinaires : un jus de fruits rouges pourrait renforcer l’action des antibiotiques

Chaque année, plus de 400 millions de personnes souffrent d’une infection urinaire, principalement des femmes. Ces cystites, souvent causées par la bactérie Escherichia coli, sont généralement traitées avec la fosfomycine. Cependant, la résistance aux antibiotiques complique de plus en plus leur traitement.

Une équipe de chercheurs canadiens a testé une boisson bien connue pour ses effets bénéfiques supposés contre les cystites : le jus de canneberge. Leur étude, publiée le 4 mai 2026 dans la revue Applied and Environmental Microbiology, s’est concentrée sur l’effet du jus sur des souches d’Escherichia coli cultivées en laboratoire.

Les résultats montrent que dans 72 % des cas, la boisson a augmenté l’activité de la fosfomycine et a freiné l’apparition de mutations de résistance. Ces résultats suggèrent que le jus pourrait agir comme un adjuvant naturel pour lutter contre l’antibiorésistance.

Les chercheurs souhaitent désormais déterminer si le jus de canneberge vendu en magasin pourrait, un jour, renforcer simplement et à moindre coût l’efficacité des antibiotiques classiques. Leur objectif est d’identifier des composés naturels capables d’aider ces médicaments à rester efficaces face à la résistance. Eric Déziel, l’un des auteurs de l’étude, souligne que cette approche pourrait répondre au défi de la multirésistance aux médicaments.

Une recommandation ancienne : le jus de canneberge en prévention des cystites

Dans leur expérience, les chercheurs ont observé que la fosfomycine entre dans la bactérie par des canaux qui absorbent aussi certains sucres. Ils ont découvert que des composants du jus de canneberge incitent Escherichia coli à augmenter l’entrée de ces sucres, ce qui permet à la fosfomycine de pénétrer plus efficacement dans la cellule bactérienne. Cela renforce l’effet de l’antibiotique sans le modifier.

Eric Déziel précise toutefois que l’efficacité de ces métabolites chez l’humain reste à confirmer. Seule une étude chez des patients pourra déterminer si, après ingestion, ces composés atteignent suffisamment les voies urinaires pour produire cet effet.

Depuis plusieurs années, le jus de canneberge est conseillé pour prévenir les cystites. Selon des revues de la Collaboration Cochrane, une consommation quotidienne d’environ 36 mg de proanthocyanidines de type A permettrait de réduire d’environ 25 % les récidives chez les femmes sujettes à ces infections. Cependant, il ne s’agit pas d’un traitement pour une infection déjà installée.

En France, la Haute Autorité de Santé recommande la fosfomycine trométamol en dose unique de 3 g comme traitement de référence pour la cystite aiguë chez la femme. Les spécialistes rappellent que le jus de canneberge peut compléter le traitement ou servir à prévenir les récidives, mais ne doit pas remplacer l’antibiotique en cas de symptômes tels que brûlures, envies fréquentes ou fièvre.

Les prochaines étapes de la recherche incluront des essais cliniques pour déterminer la dose optimale, la durée du traitement et les bénéfices réels chez les patientes.

Ce qu’il faut connaître sur la canneberge

Ce qui explique l’intérêt des chercheurs pour la canneberge, c’est sa richesse en antioxydants, notamment les proanthocyanidines (PAC), présentes en plus grande quantité que dans la myrtille. Ces composés forment une couche protectrice sur les muqueuses, empêchant les bactéries comme E. coli de s’y fixer.

Le jus de canneberge est plus concentré en proanthocyanidines que les fruits frais, ce qui facilite leur consommation en quantité suffisante pour bénéficier de leurs effets potentiels. Il est conseillé de choisir un jus 100 % sans sucres ajoutés.

Outre ses propriétés contre les infections urinaires, la canneberge est également réputée pour ses bienfaits sur la santé bucco-dentaire, cardiovasculaire et contre certains troubles digestifs.

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