Aliments ultra-transformés : un danger pour votre santé enfin dévoilé
Trois nouvelles études françaises mettent en lumière les risques liés à la consommation d’aliments ultra-transformés. Ces recherches interviennent alors qu’une proposition de loi vise à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur tous les produits alimentaires, afin d’aider les consommateurs à faire des choix plus sains.
Menées par l’Inserm et supervisées par l’épidémiologiste Mathilde Touvier, ces études se concentrent sur la présence de colorants et conservateurs couramment utilisés dans l’alimentation quotidienne. Elles ont analysé une cohorte française de plus de 100 000 personnes suivies depuis 2009. Les résultats ont été publiés dans plusieurs revues scientifiques, notamment Diabetes Care, European Journal of Epidemiology et European Heart Journal.
Les colorants alimentaires, un danger pour la santé
Les chercheurs ont observé que l’exposition fréquente à certains colorants, notamment les E100 à E199, est liée à une augmentation du risque de diabète de type 2 de 38 %. Le risque de développer un cancer augmente aussi : de 14 % en général, et jusqu’à 21 % pour le cancer du sein. Ce dernier risque grimpe même à 32 % chez les femmes après la ménopause.
Ces colorants, très présents dans des produits comme les boissons sucrées, les bonbons ou certains plats préparés, sont souvent utilisés pour rendre ces aliments plus attrayants. Si ces études ne prouvent pas encore une relation de cause à effet, elles s’ajoutent à d’autres alertes sur les dangers des aliments ultra-transformés. Mathilde Touvier rappelle que sur 104 études examinant ces liens, 93 montrent des effets délétères cohérents. Elle recommande donc de privilégier les aliments peu ou pas transformés.
Les conservateurs, un risque pour la tension et le cœur
Les conservateurs, tels que le sorbate de potassium (E202) ou l’acide citrique (E330), sont également pointés du doigt. Leur consommation régulière serait associée à un risque accru d’hypertension de 24 % et de maladies cardiovasculaires de 16 %. Autrement dit, ces substances, destinées à prolonger la durée de conservation, pourraient à long terme fragiliser les artères.
Face à cette accumulation de preuves, Mathilde Touvier estime qu’il est urgent d’agir pour la santé publique. Elle demande une réévaluation de la sécurité de ces additifs, voire leur interdiction pour certains, notamment ceux qui ne servent qu’à rendre les produits plus attractifs ou dont les doses pourraient être réduites.
Le Nutri-Score, un outil clé face aux coûts sanitaires
Selon l’ONG Foodwatch, ces nouvelles études devraient déclencher une réaction politique forte. L’organisation réclame l’interdiction des additifs les plus controversés et un encadrement strict des aliments ultratransformés. Elle cite notamment les nitrites, liés au cancer colorectal, ou l’aspartame, considéré comme cancérigène probable.
Dans ce contexte, une proposition de loi vise à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur tous les produits. La députée Sandrine Runel présente cet outil comme « simple, français et efficace » pour prévenir les maladies liées à une mauvaise alimentation. Les entreprises qui refuseraient de le faire devraient payer une taxe de 2 % sur leur chiffre d’affaires en France, dont le produit serait destiné à l’Assurance maladie.
Le coût des maladies liées à une mauvaise alimentation est estimé à 11,7 milliards d’euros chaque année en France. Environ huit millions d’adultes, soit 17 % de la population, souffrent d’obésité. La mise en œuvre du Nutri-Score pourrait donc jouer un rôle important dans la réduction de ces dépenses et dans la prévention des maladies chroniques.



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