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Cholestérol et rosé : faut‑il vraiment arrêter l’apéro cet été

Cholestérol et rosé : faut‑il vraiment arrêter l’apéro cet été

En France, près d’un adulte sur cinq, soit 19,6 %, souffre d’un cholestérol élevé, selon Doctissimo. À l’approche des apéros d’été, une question revient souvent : faut‑il arrêter de boire du vin rosé ? Entre plaisir et risque pour la santé cardiovasculaire, il n’est pas évident de trouver le bon équilibre.

Le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, rassure : il n’est pas nécessaire de bannir totalement le rosé. Selon lui, « il n’y a pas d’effet direct sur le LDL (mauvais cholestérol) ou les triglycérides, mais certaines règles doivent néanmoins être respectées ». En clair, un verre reste possible, à condition de respecter certaines limites en fréquence, en quantité et en contexte.

Ce qui se passe dans vos artères avec le cholestérol élevé

Le cholestérol joue un rôle essentiel : il participe à la fabrication de la vitamine D, des hormones et de la bile. Cependant, un excès de LDL, le « mauvais cholestérol », s’accumule sur les parois des artères. Cette accumulation, appelée athérosclérose, réduit leur diamètre et peut entraîner des problèmes comme l’angine, l’infarctus ou un AVC.

Si l’alcool ne contient pas de cholestérol, sa consommation peut aggraver la situation. Une consommation régulière de vin rosé peut augmenter les triglycérides, la tension artérielle et le poids, trois facteurs qui accentuent le risque cardiovasculaire. Tout dépend donc moins du type d’alcool que de la dose, de la fréquence et du profil médical de chacun.

Les recommandations du Dr Gérald Kierzek pour continuer à boire du rosé

Concernant la quantité, le Dr Kierzek se réfère à l’American Heart Association : « La recommandation est de ne pas dépasser un verre par jour (150 ml) pour les femmes, et deux pour les hommes ». En France, Santé publique France conseille de limiter la consommation à 10 verres standards par semaine, avec au maximum deux par jour, en laissant des jours sans alcool.

Pour limiter l’impact sur le métabolisme, il recommande aussi de privilégier un rosé de Provence, plus sec : « Privilégiez les rosés de Provence, plus riches en polyphénols que les rosés pâles industriels ». Chaque verre contient environ 80 à 100 kcal. Il est conseillé de le consommer lors d’un repas méditerranéen, riche en poissons gras, légumes et huile d’olive, pour contrebalancer l’effet oxydatif de l’alcool. Il ne faut surtout pas boire à jeun, afin d’éviter une absorption trop rapide par l’organisme.

Quand le rosé devient déconseillé

Les recommandations se durcissent si les triglycérides sont très élevés ou si un traitement par statines est en cours. Le Dr Kierzek précise que « tout verre de rosé doit être évité en cas de triglycérides très élevés (l’alcool les aggrave) ou de prise de statines, qui peuvent interagir avec l’alcool ». Dans ces situations, il est essentiel de consulter son médecin pour un avis personnalisé.

Il rappelle aussi que, contrairement à certaines idées reçues, l’alcool ne « nettoie » pas les artères. Bien que le rosé soit moins calorique que d’autres alcools (environ 80 à 100 kcal par verre), tout excès peut se transformer en graisses. Pour les personnes ayant déjà eu un infarctus, un AVC ou souffrant de maladies du foie, il est recommandé de réduire, voire d’éviter l’alcool. Pour les autres, un verre encadré reste un plaisir, mais pas un traitement médical.

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